L’éolien en Europe, c’est de la folie ; l’éolien en mer, c’est de la folie furieuse.

L’éolien en Europe, c’est de la folie ; l’éolien en mer, c’est de la folie furieuse.

par Bernard DURAND  géochimiste des combustibles fossiles, ex-directeur de la division Géologie-Géochimie de l'IFPEN et ex-directeur de l'ENS de Géologie, membre du Collectif STA.
03.08.2018


Voilà plus de 15 ans maintenant que la politique énergétique de l’Europe porte pour l’essentiel sur le développement des électricités renouvelables, éolien et solaire photovoltaïque, à coups de copieuses subventions payées par les consommateurs. De plus en plus de territoires ruraux sont envahis d’éoliennes géantes, et les panneaux photovoltaïques poussent sur les toits ou dans les champs, même dans des pays sans guère de soleil même en été et où les nuits d’hiver sont longues. Tout cela au nom de l’environnement et de la lutte contre les émissions de CO2 !
Résumons ce que disent plus particulièrement de l’éolien de très nombreux ingénieurs et scientifiques connaissant bien la question, comme par exemple en France des membres des groupes « Energie » de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Technologies, mais bien d’autres dans tous les pays d’Europe. Cela sans que la plupart des médias aient daigné publier leurs mises en garde, et que celles-ci aient semble-t-il le moins du monde ébranlé les « convictions » de la puissance publique. L’Europe, on le vérifie tous les jours un peu plus, n’a pas besoin de savants. Tout comme ses élus, elle sait, un point c’est tout !
Les arguments des ingénieurs et scientifiques
L’électricité éolienne a été initialement « vendue » aux citoyens des pays d‘Europe au nom de la défense de l’environnement, et en particulier de la lutte contre les émissions de CO2. Le battage médiatique a été intense et sans répit pendant des années pour « convaincre » ces citoyens de son caractère indispensable dans ce combat. Mais en fait, elle a été très peu efficace pour cela. C’était pourtant dès le départ particulièrement évident dans le cas de la France, car sa production d’électricité n’émettait déjà que très peu de CO2 (la France est dans ce domaine le champion des grands pays industrialisés), grâce à ses réacteurs nucléaires et à ses centrales hydroélectriques. Mais on voit clairement maintenant que c’est aussi le cas pour l’ensemble des pays de l’Europe des 28*. L’Allemagne en particulier, qui en avait fait un de ses chevaux de bataille prétendument au nom de l’environnement, a totalement échoué dans ce domaine.
L’électricité éolienne ne permet pas non plus par elle-même de fermer des réacteurs nucléaires, comme le prétendent avec assurance les milieux « écologiques », car ces réacteurs sont pilotables, c’est-à-dire gouvernés par la volonté humaine et non seulement par la météo, comme l’est l’éolien. Il est donc indispensable pour un pays d’en conserver la puissance totale de ses centrales pilotables, et l’on peut vérifier que c’est bien le cas dans tous les pays d’Europe, pour faire face aux jours sans vent. Ceux-ci sont d’ailleurs bien plus nombreux qu’on ne le dit, et cela à l’échelle de l’Europe toute entière. Pour fermer des réacteurs nucléaires, il faut donc pour l’essentiel construire une puissance équivalente d’autres types de centrales pilotables, à gaz ou à charbon, et donc augmenter les émissions de CO2 et la pollution atmosphérique en Europe. Et comme l’Europe n’a plus guère de ressources en charbon et en gaz, elle se met ainsi sous la dépendance croissante des grands pays producteurs, en particulier Russie pour le gaz, Etats-Unis pour le charbon.
Même si son prix à la production a diminué avec le temps, son développement, comme d’ailleurs celui du solaire photovoltaïque, fait beaucoup augmenter le prix de l’électricité pour les ménages, comme cela est déjà depuis longtemps le cas en Allemagne, et comme cela a commencé en France dès la mise en œuvre du programme éolien du Grenelle de l’Environnement de 2007**. En effet, la nécessité de conserver la même puissance totale de centrales pilotables pour faire face aux jours sans vent en Europe, fait que la puissance installée d’éolien (et de solaire PV) s’ajoute à celle des centrales pilotables et ne peut pas la remplacer. Il y a donc double investissement pour produire la même quantité d’électricité. Cela restera le cas tant que l’on ne saura pas stocker d’énormes quantités d’électricité, ce qui n’arrivera peut-être jamais.
Et si stockage il y a un jour, son prix s’ajoutera à celui de l’éolien.  Il faut construire des lignes électriques supplémentaires, et renforcer le réseau électrique pour résister aux énormes variations de puissance de l’électricité éolienne, plus grandes encore que celles de la vitesse du vent. Et il faut même subventionner les centrales pilotables : en effet, pour une même production d’électricité en Europe, elles doivent partager cette production avec l’éolien (et aussi le solaire PV). Elles deviennent donc beaucoup moins rentables, faute d’une production suffisante, et sans ces subventions elles devraient mettre la clef sous la porte, alors même qu’elles sont indispensables.
Tout cela a un coût, qui s’ajoute au coût de production. Curieusement, les médias sont muets à ce sujet, et ne parlent que de la baisse des prix à la production.
Une électricité en fait non renouvelable et incapable d’assurer la sécurité électrique d’une nation
Contrairement à la croyance « populaire », si le vent est renouvelable, l’électricité éolienne ne l’est pas   puisqu’elle ne peut être utilisée sans le soutien de centrales pilotables utilisant des énergies non renouvelables (principalement combustibles fossiles en Allemagne, et énergie nucléaire en France). La fin de ces énergies non renouvelable signifiera aussi la fin de l’éolien. Elle ne peut donc à elle seule, ni garantir la consommation d’électricité, ni la sécurité à long terme de l’approvisionnement électrique, que ce soit en France ou ailleurs en Europe.
Pour les mêmes raisons elle ne peut à elle seule assurer l’autonomie électrique d’un territoire ou d’une région, ni a fortiori son autonomie énergétique, puisque l’électricité ne représente qu’environ 20 à 25 % des besoins énergétiques d’une communauté.
Une énergie antisociale
Le développement des électricité intermittentes est antisocial, car leur mécanisme de financement par des taxes sur la consommation d’électricité, et maintenant sur celle de carburants comme en France, appauvrit les pauvres pour enrichir les riches !
L’importance de la place qui est nécessaire à l’éolien pour produire des quantités significatives d’électricité fait que son développement entraîne l’inhabitabilité de surfaces très importantes, des conflits d’usages et d’intérêts croissants, des destructions de l’environnement et la défiguration des paysages ruraux de régions entières.
Un mensonge d’Etat
Ces observations contrastent fortement avec l’image idyllique de l’éolien actuellement imposée avec insistance par tous les moyens d’information, qui véhiculent jour après jour ce qui ressemble fort à un mensonge d’Etat.
Nos élus, préoccupés à juste titre par l’amélioration du quotidien de leurs administrés, sont motivés exclusivement par les subventions qui leur sont octroyées par les promoteurs, sans réaliser qu’ils entraînent ainsi les pays européens dans une impasse, celle justement où vient de se fourvoyer l’Allemagne. Et les subventions en question sont en fait payées par leurs électeurs, qui commencent maintenant à le réaliser.
Les gouvernements européens et la Commission Européenne se conduisent également de manière irresponsable, en s’accrochant malgré tous les avertissements donnés par les milieux scientifiques à des lois votées de manière irréfléchie pour imposer le développement des électricités renouvelables au détriment du nucléaire, comme en France la Loi pour la Transition Energétique et la Croissance Verte (LTECV), dont les objectifs affichés sont irréalistes et contradictoires. C’est de l’autisme !
La folie éolienne
Oui, c’est de la folie ! L’éolien en mer, c’est même de la folie furieuse ! Comment qualifier autrement le fait de payer des sommes astronomiques, bien supérieures à production d’électricité équivalent à celle de l’EPR si décrié ***, pour produire une électricité inutile, et même inutilisable sans le soutien de centrales pilotables, et en même temps dégrader l’environnement dans des zones Natura 2000, ou dans des parcs naturels marins qui devraient être des sanctuaires environnementaux. Le plus scandaleux est que cela se fait avec le soutien sans faille des grandes ONG qui se réclament de la défense de l’environnement : FNE, WWF, Greenpeace !
Tout cela contribuera à déconsidérer l’action publique en Europe, mais aussi à élargir le fossé qui se crée actuellement entre les milieux politiques et les milieux scientifiques !
Mais surtout, persister dans cette voie, c’est dépenser des fortunes pour quelque chose qui ne sert à rien, dégrade l’environnement, et met en danger le système électrique européen, alors qu’il y a d’énormes besoins ailleurs !
Il est grand temps que l’Europe se ressaisisse !

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